Par Robert Tate, Consul à APP Rennes
Il est rare qu’on me demande de jouer de la guitare en public ces temps-ci, alors, quand j’ai une occasion, je fonce ! J’ai joué dans des groupes à l’époque glorieuse de la scène musicale de Seattle, au début des années 1990, mais mon manque de talent m’a contraint à trouver d’autres moyens pour payer mon loyer. Et là, des années après, j’ai retrouvé un public : les lycéens de Redon… même s’il a fallu que je les séduise avec une présentation sur l’histoire de la musique américaine.

This photo taken Feb. 7, 2010 shows gumbo. Packed with meat and seafood this fast and intense gumbo is a culinary trip to New Orleans. Okra, a must have ingredient, plays prominently in this Mardi Gras inspired dish. (AP Photo/Larry Crowe)
Le Lycée Beaumont de Redon, qui travaille en collaboration avec l’American Presence Post Rennes, antenne de l’Ambassade des États-Unis à Rennes, et avec l’Etat de Louisiane pour renforcer les liens éducatifs et culturels avec les États-Unis, m’a invité à venir parler de musique américaine avec les lycéens. En avril prochain, vingt-quatre jeunes vont participer à leur tout premier programme d’échanges avec la Louisiane. La Louisiane est un parfait microcosme de tout ce qui rend la musique américaine unique et populaire : c’est comme une grosse marmite de gombo (la spécialité gastronomique locale), dans laquelle immigrants et groupes ethniques variés viennent ajouter de nouvelles épices et de nouveaux ingrédients. Le jour de notre visite, c’est un gombo qu’on servait à la cantine, offrant à la plupart des lycéens une première occasion de goûter à la cuisine cajun.
La musique américaine reflète la façon dont notre société a été modelée par les rythmes, les harmonies et les mélodies du monde entier. Dans le cadre de ma présentation, j’ai passé (entre autres) des vidéos et des extraits musicaux de Louis Armstrong, Elvis Presley, James Brown et Los Lobos. Nous avons échangé sur la façon dont leurs mélodies illustrent les allers et retours musicaux entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine, contribuant à la grande diversité et à la grande richesse de la musique américaine, et la rendant si populaire dans le monde entier. Allant jusqu’à émuler ces icônes de la musique américaine, j’ai donné quelques exemples à la guitare devant un public captivé.
À l’occasion du bicentenaire de la Louisiane, le Lieutenant-gouverneur de l’Etat, Jay Dardenne, s’est récemment rendu à Redon et dans d’autres villes de Bretagne et de Normandie pour officialiser et renforcer nos relations culturelles, éducatives, écologiques, touristiques et commerciales. L’American Presence Post Rennes avait l’honneur d’accompagner la délégation louisianaise dans la région. Nous avons visité les plages du débarquement, où on nous a remis une plaque d’identité perdue par un soldat louisianais et récemment découverte, et nous avons signé un nouvel accord d’échanges éducatifs avec le Recteur de l’Académie de Bretagne. Un autre moment fort a été celui où le roi du zydeco C.J. Chenier a enflammé la salle lors d’un concert mémorable dans le cadre du festival d’accordéon « Grand Soufflet ». L’APP Rennes était fier de parrainer ce festival mettant à l’honneur la musique de la Louisiane, et le Lieutenant-gouverneur s’est livré à une démonstration de danse cajun. La plupart des Rennais n’avaient jamais entendu ce genre de musique, mais ils ont été emballés dès les premiers accents de la caisse claire, de la basse et de l’accordéon. Les musicologues ont retracé des éléments de la musique de la Louisiane jusqu’à la Bretagne, et je pense que la raison pour laquelle Rennes a si rapidement adopté la musique zydeco est parce qu’elle lui semble tout à la fois familière et exotique. Comme je l’ai exposé à Redon à l’occasion de mon cours d’histoire de la musique aux États-Unis, si la musique américaine – au travers du jazz, du blues, de la country, du rock, de la soul et du hip-hop – a aujourd’hui un impact mondial aussi remarquable, c’est parce qu’une bonne partie du monde peut y retrouver des échos familiers, réinterprétés de nouvelles manières très attrayantes.

Los Lobos have begun working on their new album, which is being released in 2002. (PRNewsFoto/Mammoth Records)

Jazz great Louis Armstrong practices on his gold plated trumpet at his home in the Queens borough of New York, June 10, 1970. (AP Photo/ Eddie Adams)
Merci pour ce très bel article; Jay Dardenne fait un travail fantastique pour la promotion de la Louisiane, sa culture unique, food, music, recreation, festivals, the Saints….Il est républicain, je suis démocrate mais nous partageons le même amour pour l’Etat du Pélican. Geaux Louisiana! Quel bonheur que de voir le Consul, originaire de Seattle, si bien nous comprendre. Keep up the great job!
Tout à fait d’accord. Les liens culturels entre la Louisiane et la France sont nombreux et méritent d’être mis en avant.